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Spinoza : La servitude passionnelle

Les hommes cherchent le bonheur, et presque tous sont mal- heureux. Emportés par leurs passions tristes, ils se haïssent et se divisent. Face à la folie des hommes, Spinoza ne blâme ni ne raille, il cherche à comprendre. Les passions doivent être étudiées froidement «comme s’il était question de lignes, de surfaces et de solides».

1. Les fondements de l’affectivité

A. Le conatus

Chaque chose, partie de la puissance divine, s’efforce de persévérer dans son être. Cet effort (conatus) pour s’affirmer, se développer, n’exprime pas un manque, mais une puissance positive.

Rapporté à l’âme seule, il s’appelle volonté; rapporté à l’âme et au corps, appétit. On peut dire que l’appétit est l’essence de l’homme; tout en lui découle de cette tendance fondamentale, qui, lorsqu’elle est consciente, s’appelle désir.

B. Action et passion

Nous agissons vraiment, nous sommes «actifs», lorsque nous sommes par nous-mêmes la cause de nos actes et de nos sentiments.

Nous sommes au contraire «passifs» quand nos actes, nos sentiments ne s’expliquent pas par nous, mais par des causes extérieures.

Or, comme toute partie de la nature, nous subissons nécessairement l’action de causes extérieures. Nous sommes donc nécessairement en proie aux passions: elles sont les affections du corps et les sentiments de l’âme, dont nous ne sommes pas la cause, et qui nous poussent à certains actes.

C. Joie et tristesse, les deux passions fondamentales

Mais il y a passion et passion. Toute passion n’est pas mauvaise: si les choses extérieures ont un effet positif sur moi, augmentent ma perfection, ma puissance, j’éprouve une joie. Si elles restreignent ma puissance, ma capacité de penser et d’agir, j’éprouve une tristesse. Toute joie, signe d’un perfectionnement, est bonne, toute tristesse, signe d’un amoindrissement, est mauvaise. Le sage s’efforce donc de favoriser les passions joyeuses et de chasser les passions tristes.

Toute passion dans l’âme est passion dans le corps, et toute action dans l’un est aussi action dans l’autre. Il est donc absurde de penser que l’âme pourrait se perfectionner au détriment du corps.

D. Amour et haine

Chacun est naturellement poussé à rechercher la cause de sa joie, à s’unir à elle, et à éloigner, à détruire celle de sa tristesse. De là naissent les passions de l’amour et de la haine: aimer quelqu’un, c’est se le représenter comme la cause de sa joie, le haïr, se le représenter comme celle de sa tristesse. Mais nous verrons qu’entre ce que l’on se «représente comme» la cause et la cause véritable, il peut y avoir une différence: autrement dit, nos amours et nos haines peuvent être insensées. De ces passions fondamentales se déduisent toutes les autres.

Toutes les passions naissent des relations entre le désir et l’imagination: l’envie, par exemple, naît de ce que l’on imagine le bonheur d’autrui nous frustrant du nôtre. Idée fausse, mais conforme aux lois de l’imagination, maîtresse de l’affectivité.

2. La servitude des passions

A. Mécanisme des passions

C’est en effet l’imagination qui préside au développement des passions. Elle procède par rapprochements, associations, ressemblances vagues, causalités illusoires, – loin de tout rapport conforme à l’ordre réel des choses. Subir des passions, c’est avoir l’âme passive, c’est-à-dire ignorante des causes.

Voyons à l’œuvre la logique passionnelle. Si j’ai vécu mon plus grand chagrin au printemps, cette saison sera cause de tristesse, sans raison qui tienne au printemps lui-même. De même, si je subis un outrage d’un homme membre d’une communauté quelconque, je garderai une méfiance irrationnelle envers tous les membres de cette communauté, par simple généralisation. Si une chose qui m’agace a une ressemblance avec une autre que j’aime, je la haïrai et l’aimerai en même temps: c’est le flottement de l’âme, ou ambivalence.

B. L’homme passionnel

Entraînés par ces associations automatiques, nous sommes réduits en esclavage par nos passions. Passifs, nous sommes séparés de notre puissance, rendus étrangers à nous-mêmes. Les passions tristes en particulier nous amenuisent, nous détruisent.

Nous pensons, par exemple, à la mort, ce qui est contraire à toute sagesse, car la mort est une idée inadéquate, étrangère à notre nature qui n’implique qu’affirmation d’elle-même dans le conatus. En ce sens, le sage doit vivre comme s’il n’allait jamais mourir.

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