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Marx : Aliénation et révolution

Penseur colossal, Marx fut à la fois philosophe, historien, économiste et sociologue. Son œuvre présente deux visages: elle est à la fois une protestation morale et philosophique contre la situation du prolétariat au XIXe siècle et une théorie scientifique du système capitaliste, prévoyant son autodestruction. Ainsi le cours nécessaire des choses et l’exigence morale, l’histoire et le bien, la science et la politique semblent-ils s’accorder merveilleusement.

1. L’humanisme de Marx

A. L’homme et le travail

C’est le travail qui distingue fondamentalement l’homme des animaux. Le travail est l’essence de l’homme. «Ce qui distingue l’architecte le plus maladroit de l’abeille la plus habile, c’est que l’architecte a d’abord construit la maison dans sa tête» (Le Capital, I, 3). Le travail est intelligence.

L’homme non seulement crée des objets, invente des techniques (alors que l’animal est programmé par l’instinct), mais il produit son propre monde, et s’engendre lui-même continuellement. Par le travail, il modèle son corps et son esprit, il transforme le monde, qui en retour agit sur lui. Travailler, c’est faire et en faisant se faire.

Dans le travail, l’homme se réalise, s’humanise; il manifeste sa vie, et la contemple dans l’objet produit. Il constate de manière tangible la réalité de sa pensée, qui s’élève au-dessus de la nature (qui du fait du travail humain n’existe plus à l’état pur).

B. L’aliénation

Mais il existe une forme de travail dans laquelle l’homme ne s’affirme pas, mais est étranger à lui-même. C’est le travail de l’ouvrier dans la société capitaliste. L’homme y est dépossédé de son travail, de son essence.

D’abord, le prolétaire est exploité par le patron qui possède les machines. Son salaire, n’assurant que sa survie, ne correspond pas au travail fourni (cf. fiche 55). De plus, le travail devient une activité machinale, répétitive, parcellaire, abrutissante. L’ouvrier ne s’y reconnaît pas; il exécute un plan conçu par un autre. Le travail mortifie son corps et son esprit. La vie pour lui commence à la fin du travail. Il est aliéné: le travail n’est plus la satisfaction d’un besoin, mais un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail.

Il faut donc supprimer cette forme de travail pour que l’homme vive conformément à sa nature; pour cela, on doit abolir la propriété privée des moyens de production et la division du travail. C’est le communisme. Reste à développer ces intuitions.

2. Le matérialisme historique

A. Les bases sociales

Dans la production de leurs moyens d’existence, les hommes entrent dans des relations déterminées, qui règlent l’organisation du travail et de la propriété. Ces relations sont les rapports de production (par exemple le salariat, l’esclavage, le servage…). On peut, plus ou moins, choisir sa place dans le système mais pas le système lui-même, qui ne dépend pas de notre volonté.

Les rapports de production sont fonction du degré de développement des forces productives: moyens de production, niveau technique et productivité propres à une époque. Ainsi, le salariat de masse n’a pu se développer qu’avec la révolution industrielle.

Au sein de chaque système économique, il existe toujours un groupe de dominants et un groupe de dominés, d’exploiteurs et d’exploités (patrons/ouvriers, maîtres/esclaves…). Ce sont les classes. Elles sont définies par leur place dans le processus de production.

B. La superstructure: l’État et le droit

L’économie forme la base matérielle, donc réelle, de la société. Au-dessus de cette «infrastructure», et déterminé par elle, s’élève l’édifice politique, juridique, intellectuel, qui a pour fonction de la maintenir, de la reproduire et de la justifier: c’est la «superstructure» – reflet de la domination économique – à travers laquelle les hommes ont une conscience plus ou moins déformée de la société.

Ainsi l’État n’est pas un arbitre indépendant, même s’il s’en donne les apparences, mais l’instrument de la classe dominante. Elle y trouve un garant de l’ordre social, à travers la justice et la police, et de sa reproduction à travers l’école.

De même, les droits de l’homme n’expriment que les conditions de l’ordre capitaliste: liberté d’acheter et de vendre la force de travail, égalité devant cette liberté, sûreté de la propriété. On voit que liberté et égalité ne sont que formelles, abstraites: Que signifient «liberté» pour l’ouvrier, «libre» de choisir entre l’exploitation ou le chômage, «égalité en droits» quand le système crée des inégalités de fait, sûreté de la propriété pour celui qui n’a rien? Ce n’est qu’en changeant la société qu’on pourrait rendre ces droits vraiment réels.

C. La religion et la conscience mystifiée

La religion aussi, selon Marx, est un produit des conditions économiques. C’est une mystification qui justifie l’état social et console les dominés. Elle maintient dans la soumission et détourne du monde.

«La Terre est une vallée de larmes, ainsi en est-il depuis le péché originel; que les malheureux prennent patience, ne se révoltent pas; ils seront consolés au Paradis!» Bonheur illusoire, la religion est «l’opium du peuple» (Critique de la philosophie du droit de Hegel). Critiquer la religion, c’est donc d’abord critiquer le monde qui en a besoin.

Mais les hommes ne prennent conscience du monde et d’eux-mêmes qu’à travers ces productions intellectuelles dérivées (religieuses, juridiques, etc.). «C’est leur existence sociale qui détermine leur conscience.» L’ensemble de ces représentations illusoires qui font passer pour naturel ce qui n’est que social, et, sous couvert d’objectivité, cachent les intérêts de la classe dominante, constitue l’idéologie. Les dominés en sont la proie. Il faut détromper leur conscience.

3. Le matérialisme historique

Reste à expliquer le passage d’un type de rapport de production à un autre. Le principe dynamique, le moteur de l’histoire*, est la contradiction entre les forces productives et les rapports de production. Il arrive en effet un moment où les formes d’organisation de la société deviennent un obstacle au développement des forces productives. La situation est alors socialement révolutionnaire.

Ainsi, à la fin du XVIIIe siècle en France, les rapports sociaux n’étaient pas adéquats aux formes de production en germe, soutenue par le tiers bourgeois. La rigide société d’ordres, maintenant au pouvoir les aristocrates quand l’avenir était à la bourgeoisie, constituait une entrave au développement de l’industrie capitaliste, en plein essor.

D’où la Révolution bourgeoise de 1789, qui vint adapter les cadres de la société aux nécessités fondamentales de l’évolution économique: fin de toute féodalité, suppression des anciennes corporations d’entraide ouvrières, émancipation juridique des bourgeois, liberté religieuse.

4. Lutte des classes et révolution prolétarienne

A. Vers la révolution

«L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes» (Manifeste du parti communiste, I): en période révolutionnaire, la classe dominante sur le déclin est attachée au système ancien; l’autre, future dominante, représente les nouveaux rapports de production. On peut dire que les hommes, en tant qu’appartenant à une classe, font leur histoire, mais seulement dans des conditions qu’ils n’ont pas choisies.

À la fin du XIXe siècle, la situation est révolutionnaire; les rapports sociaux imposés par le capitalisme freinent le développement de la production: les prolétaires exploités ne peuvent consommer l’énorme production, d’où des crises répétées. On étend les marchés, mais cela ne fait que reculer la crise finale.

Le système a produit en son sein la puissance qui le détruira: le prolétariat. Exploité, sans propriété, sans patrie, il n’a rien à perdre, rien à conserver de la société capitaliste. La révolution prolétarienne sera différente de toutes les autres; elle sera celle d’une majorité au profit de tous. Elle marquera la fin de l’exploitation de l’homme.

B. Du socialisme au communisme

Le premier but de la révolution est la destruction du capitalisme. À cette fin doit être instaurée la dictature du prolétariat. L’État, instrument de la nouvelle classe dominante, concentrera tous les moyens de production, abolissant la propriété privée. Ce sera le socialisme: au terme, la bourgeoisie disparaîtra comme classe.

Puis vient l’utopie: le communisme proprement dit. Le prolétariat ne sera plus une classe, mais la totalité du peuple. On aura alors une société sans classe, donc sans antagonisme. Faute de domination à exercer, l’État dépérira puis disparaîtra. Les travailleurs seront associés librement, le fruit du travail sera partagé, l’abondance régnera. À chacun selon ses besoins!

Mais voici une question, posée par Marx lui-même: le communisme ne ressemblera-t-il pas au mode de production primitif de l’ancienne Asie, où tout était commun, et où l’individu, n’ayant ni responsabilité ni initiative, n’avait aucune existence propre? Le communisme est-il la fin de l’histoire, ou sa plus grande régression?

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