Soutien Scolaire Keepschool

Kant

1. Kant et la philosophie de la connaissance

Emmanuel Kant est un philosophe allemand du XIX-ème siècle.

Kant va partir des observations faites par les empiristes anglais pour réellement déterminer le champs d'application de la raison. Pour ces philosophes, l'esprit humain est une "table rase" sur laquelle vont pouvoir venir se graver les résultats d'une expérience. C'est pour eux le seul domaine d'application de la raison, en ce sens qu'on ne peut pas connaître ce qui ne nous vient pas de l'expérience directe. Kant saura dépasser ce stade en introduisant les formes "a priori" de l'entendement mais il y restera fidèle quand il dira que le seul monde connaissable pour l'homme est que le monde de l'expérience.

Kant va développer le criticisme, c'est-à-dire une philosophie qui s'interroge sur la question suivante : à quelles conditions la prétention de la raison à connaître les objets est-elle autorisée ?

Le premier travail du philosophe est de s'interroger sur les conditions et les limites du savoir véritable ; telle est la tâche de La Critique de la Raison pure. Pour comprendre notre pouvoir de connaissance, il convient de s'interroger sur les origines de chacune de nos connaissances.

La raison a une exigence interne qui la fait toujours régresser de l'effet à la cause, c'est l'essence même de la raison, c'est sa logique interne. Un problème va alors se présenter très rapidement car cette raison qui a absolument besoin de réponses va en arriver à demander des réponses qui ne seront plus prouvables ; ce n'est pas parce que la raison l'exige qu'une réponse est valable.

Kant va ainsi essayer de définir ce domaine de validité de la raison où elle aura droit d'exercer. Il lui faudra une "marque" pour reconnaître quand la raison s'échappe de son domaine.

Quelle sera cette "marque" ?

Pour Kant c'est très simple, cette marque apparaît quand on débouche sur les antinomies de la raison pure, c'est-à-dire quand, suite à une question, se présentent autant de réponses favorables ou défavorables à cette interrogation.

A l'inverse, quand la raison est dans son domaine, elle est apodictique, c'est-à-dire qu'elle a trouvé un argument qui est irréfutable.

La raison aura donc bien son domaine : celui des phénomènes.

" Que toute connaissance commence avec l'expérience cela ne fait aucun doute En effet, par quoi notre pouvoir de connaître pourrait-il être éveillé et mis en action, si ce n'est par des objets qui frappent nos sens et qui, d'une part, produisent par eux-mêmes des représentations et, d'autre part, mettent en mouvement notre faculté intellectuelle, afin qu'elle compare, lie ou sépare ces représentations, et travaille ainsi la matière brute des impressions sensibles pour en tirer une connaissance des objets, celle que l'on nomme l'expérience ? Ainsi, chronologiquement, aucune connaissance ne précède en nous l'expérience et c'est avec elle que toutes commencent. "

Effectivement l'expérience est présente pour toute connaissance mais elle ne me donne pas le monde tel qu'il est ; elle ne me fait qu'apparaître les éléments qui sont déjà en moi et qui me permettent de connaître le monde que comme un homme et seulement comme tel. Par l'expérience sensible, par cette intuition du monde particulière qui n'est que le fait d'un homme, nous pouvons nous familiariser avec ce que Kant appelle les deux formes "a-priori" de l'intuition.

Ces deux éléments sont en moi avant toute expérience sensible ; ils sont constitutifs de ma sensibilité d'homme et ne peuvent apparaître qu'avec l'expérience car seule celle-ci les met à jour. Ainsi, je perçois le monde à travers l'espace et le temps qui sont les deux formes "a-priori" de l'intuition.

" On pourrait aussi, sans qu'il soit besoin de pareils exemples pour prouver la réalité des principes purs à-priori dans notre connaissance, montrer que ces principes sont indispensables pour que l'expérience même soit possible[…]D'où l'expérience, en effet, pourrait - elle tirer sa certitude, si toutes les règles, suivant lesquelles elle procède, n'étaient qu'empiriques, et par là même contingentes ? "

Cette saisie du monde est ensuite traitée par l'entendement qui est la faculté de nombrer et d'ordonner les données de l'expérience :

" de ramener les phénomènes à l'unité au moyen de règles. "

" […]Exige absolument que quelque chose A soit tel qu'une autre chose B s'ensuive nécessairement et suivant une règle absolument universelle. Or, les phénomènes peuvent bien présenter des cas 'où l'on peut tirer une règle suivant laquelle quelque chose arrive ordinairement, mais on n'en saurait jamais conclure que la conséquence soit nécessaire. La synthèse de la cause et de l'effet a donc une dignité qu'il est impossible d'exprimer empiriquement :C'est que l'effet ne s'ajoute pas simplement à la cause, mais qu'il est produit par elle et qu'il en dérive. L'universalité absolue de la règle n'est pas non plus une propriété des règles empiriques. "
Critique de la Raison Pure, Kant.

Pour Kant si l'expérience permet d'associer deux phénomènes qui se succèdent, elle ne permet pas d'assurer que ces deux phénomènes seront toujours liés ; c'est-à-dire que leur liaison est à la fois nécessaire et universelle : l'idée de nécessité et celle d'universalité ne peuvent dériver de l'expérience. Il y a dans la causalité quelque chose qui ne provient pas de l'empirisme mais de l'entendement.

En bref, lorsque je perçois les objets, je ne les perçois qu'en tant que je suis un homme et je ne perçois ainsi le monde non pas tel qu'il est mais comme il m'apparaît à travers les formes "a-priori de l'intuition".

Ces objets sont donc les phénomènes ; les objets tels qu'ils m'apparaissent en opposition avec les objets tels qu'ils sont réellement : les noumènes qui demeurent pour moi inconnaissables.

Le domaine de validité de la raison est donc bien le domaine phénoménal.

C'est la raison qui intervient dans la construction de l'objet lorsque nous le percevons donc la connaissance des choses n'est plus qu'une connaissance empirique mais dorénavant rationnelle.

Kant le dit lui-même : " nous ne connaissons des choses que ce que nous y mettons nous-même ". Une telle découverte est simplement révolutionnaire ; elle bouleverse notre façon de voir les choses tout comme l'héliocentrisme en son temps ; c'est pour cela que Kant la qualifie de " révolution copernicienne de l'esprit. "

Cependant un véritable problème intervient dans ce monde des phénomènes car étant donné que c'est le monde où l'on peut permettre à la science d'émerger c'est que l'on a réussi à y trouver des invariants ; c'est donc le monde du déterminisme. Or qu'est ce que la liberté ? C'est l' idée d'une cause non causée ; avoir fait une telle scission entre le monde nouménal et le monde des phénomènes lui fait se situer la liberté du côté des noumènes donc dans le monde inaccessible aux hommes. Nous nous retrouvons dans une impasse car supposer que l'homme est lui aussi déterminé est tout simplement insoutenable.

C'est grâce à la volonté que Kant va rétablir la liberté de l'homme dans les Fondements de la Métaphysique des Mœurs.

2 Les fondements de la métaphysique des moeurs

Les Fondements de la Métaphysique des Moeurs sont l'une des grandes oeuvres de Kant. D'ailleurs, on peut noter que le titre allemand a été mal traduit : il faudrait dire Fondation de la Métaphysique des Moeurs.

Il s'agit pour l'homme de trouver l'autonomie de sa volonté et cela ne sera possible que s'il se penche sur la question de la pratique, la question du " que dois-je faire ? "

Sa liberté ne résultera pas d'une connaissance puisqu'on ne peut connaître que ce qui nous vient du monde phénoménal qui est aussi le monde du déterminisme. Elle résultera plutôt de la pratique car en tant que j'agis je peux éprouver une liberté que pourtant je ne connais pas ; et ce en obéissant à un devoir que je me suis imposé à moi-même : si on me demande de prouver en quoi je suis libre je ne le peux pas ; mais je peux cependant m'éprouver comme libre. La morale du devoir kantienne répond à des impératifs ; Kant en distingue de deux sortes.

Premièrement il est question des impératifs hypothétiques :

" Les impératifs hypothétiques représentent la nécessité pratique d'une action possible comme moyen pour quelque chose d'autre qu'on désire(ou du moins qu'il est possible qu'on désire) obtenir ".

L'impératif hypothétique est un impératif conditionné par le désir du but ; il s'exprime sous la forme du "si tu veux ceci alors fais cela". Il est conditionné par les circonstances et n'a rien qui évoque l'absolu de la moralité. Or si l'idée de morale est différente c'est parce que justement elle se distingue de la stratégie.

Deuxièmement il est question des impératifs catégoriques qui eux donnent tout son sens à la liberté de l'homme :

" Il y a un impératif qui nous ordonne immédiatement une certaine conduite, sans avoir lui-même pour condition une autre fin relativement à laquelle cette conduite ne serait qu'un moyen Cet impératif est catégorique. Il ne concerne pas la matière de l'action et ce qui doit en résulter , mais la forme et le principe d'où elle résulte elle-même , et ce qu'elle contient d'essentiellement bon réside dans l'intention, quel que soit d'ailleurs le résultat. Cet impératif peut être nommé impératif de la moralité. "

Donc l'homme peut être libre s'il se donne à lui-même sa propre loi, une loi qui sera intangible, celle de la moralité et pour la reconnaître c'est bien simple, il suffit de la passer au test de l'intentionnalité :

" Agis toujours de telle sorte que tu puisses ériger la maxime de ton action en loi universelle de la nature ".

A quel être peut s'appliquer cette loi morale très formelle ? Seulement à l'être doué de raison qu'est l'homme qui grâce à cette raison au sens moral du terme est perfectible car il peut se fixer une loi intangible qui détermine et sa moralité et sa liberté.

En effet, la raison est la faculté des principes pour juger, la faculté par laquelle on décrète des fins. Ainsi, l'exigence morale première est celle du respect d'autrui :

" […] ce ne sont pas là des fins subjectives dont l'existence, comme effet de notre action, a une valeur pour nous :ce sont des fins objectives , c'est-à-dire des choses dont l'existence est une fin en soi-même, et même une fin telle qu'elle ne peut être remplacé par aucune autre, au service de laquelle les fins objectives devraient se mettre simplement comme moyen. Sans cela, en effet, on ne pourrait trouver jamais rien qui eu une valeur absolue. Mais si toute valeur était conditionnelle et par suite contingente, il serait complètement impossible de trouver pour la raison un principe pratique suprême. [ …] L'impératif pratique sera donc celui-ci : Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen. "
Fondement de la Métaphysique de Moeurs, Kant.

Mais il est très clair que celui qui obéirait aux impératifs catégoriques à la lettre serait un saint ce qui semblerait être la signification de la phrase suivante: "L'homme kantien a les mains propres mais il n'a pas de mains. "

Kant introduit dès lors les postulats de la raison seule aide permettant à l'homme de rendre sa vie morale en postulant moralement un progrès infini... Quand l'homme ne peut ni prouver le pour ou le contre de ces postulats ce sont les "postulats de la raison", "les idées régulatrices".

C'est seulement ainsi que l'homme constitue le sujet autonome se donnant ses propres règles ; cela suppose l'intersubjectivité kantienne, c'est-à-dire cette capacité qu'ils ont tous à pouvoir obéir aux impératifs catégoriques et donc à être tous dignes de respect.

3 Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique.

De même pour l'histoire, l'homme est obligé de postuler l'existence de fins à la nature ; c'est la seule solution pour que l'homme réalise sa raison dans le monde car il pourra ainsi surmonter l'apparente contradiction qui existe en lui connue comme "insociable sociabilité de l' homme" (c'est-à-dire que l'homme à la fois s'apparente à un farouche individualiste et ne peut s'empêcher de vivre avec les autres).

Cette ambiguïté génératrice de luttes peut être évincée par le postulat des fins de la nature en vue d'un progrès. L'homme dans toutes ces démarches est perçu comme doué de raison, capable d'user de sa raison, de se fixer une morale, de s'y plier, d'exprimer par là même sa liberté et son autonomie.

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