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Husserl : La conscience

Une fois suspendue l’existence du monde, il ne subsiste que la conscience, non plus comme un être naturel, dans le monde, mais comme le point de vue d’où le monde est possible dans toute sa variété. La thèse du monde est contingente, puisqu’elle peut être suspendue; celle de la conscience est nécessaire. La phénoménologie transcendantale décrit «la conscience pure dans son être absolu», et la multiplicité de ses attitudes, ou façons de se rapporter à l’objet.

1. Le moi et l’intentionnalité

La conscience est toujours conscience d’un objet réel, là-bas dans le monde: c’est lui que je vois, que j’aime, etc. Lorsque ma conscience est en relation avec un objet, je suis tout à l’objet, je le vis, d’une façon à chaque fois particulière. Ma conscience ne porte pas sur l’idée de la chose, mais directement sur la chose que je vis, à laquelle j’adhère sans y réfléchir. La conscience n’a pas d’intérieur, dans lequel les choses réelles sont représentées par des représentations: elle porte directement sur les objets eux-mêmes. Le moi vit ses vécus immédiatement, il ne les tient pas sous son regard. C’est à travers eux qu’il se porte à la chose.

L’intentionnalité est la propriété de la conscience d’être «conscience de»: cela signifie qu’elle n’existe pas comme une chose qui contient, mais comme un acte de mise en relation. Toute conscience sans exception est intentionnelle: il n’y a pas de conscience pure, indépendante de ce dont elle est conscience. Toute conscience a un objet: «Toute conscience est conscience de quelque chose.»

La conscience n’est donc pas un être (le moi), mais un acte de cet être par lequel il se rapporte au monde. Le moi qu’étudie la phénoménologie est en outre universel: le moi «un tel» disparaît dans l’épochè (cf. fiche 64). Ce moi est vide, unique, il ne comporte aucune variété, il n’a pas de caractères spécifiques. Il est celui qui s’engage dans chaque façon dont la conscience se rapporte à son objet. La variété de ses propriétés est la variété de ses actes ou comportements: imaginant, se souvenant, percevant, jugeant moralement, etc.

2. L’objectivité

La conscience qu’un moi a d’un objet constitue cet objet: cela ne signifie pas que la conscience donne naissance à une réalité, mais qu’elle lui donne un sens. Pour un païen, le crucifix n’est qu’une chose matérielle; pour un croyant, il a en outre une autre signification. La conscience du païen et celle du croyant se rapportent au même objet réel, mais à deux objets intentionnels différents. L’objet intentionnel, c’est-à-dire l’objet réel tel que la conscience le vise, Husserl l’appelle noème; l’acte correspondant d’une telle constitution s’appelle noèse.

Le noème n’est pas une représentation de l’objet réel; ce n’est pas une autre réalité naturelle, copie de la première à l’intérieur de la conscience. Le noème est l’objet même, tel que je le pense.

Ma conscience confère à la fois deux types de signification à ­l’objet intentionnel: un sens directement à l’objet lui-même, ou sens noématique, et indirectement par la façon dont j’en ai conscience, ou sens noétique. Selon que je m’intéresse au même objet comme quelque chose plutôt de dur, ou plutôt de coloré, c’est son «sens noématique» ou objectif qui change; selon que je me rapporte à l’objet sur un mode ou sur un autre (perception, désir, jugement moral, souvenir, etc.), c’est son «sens noétique» ou subjectif qui change.

La validité de la connaissance et la vérité du jugement supposent que l’objet intentionnel, seulement selon son sens noématique, corresponde à l’objet réel. C’est que tous les sens noématiques possibles ne conviennent pas à n’importe quelle réalité: un son, par exemple, ne peut être coloré. En revanche, le sens noétique d’un objet convient à tous les types d’objets: il est indifférent à la vérité scientifique en chimie que je parle du soufre en tant que je le perçois, que je m’en souviens, que j’en déteste l’odeur, etc.

3. La perception

Chaque mode d’apparition à la conscience peut faire l’objet d’une étude phénoménologique. La phénoménologie de la perception, science éidétique (cf. fiche 64), étudie les formes du perçu comme tel, c’est-à-dire les caractères universels de la perception elle-même; elle se distingue donc de la psychologie, qui étudie la perception comme un événement du monde naturel, un fait.

Tout être perçu se détache par essence d’un arrière-plan per­ceptible. Du champ de mon regard se détachent l’objet auquel je prête attention, mais aussi un ensemble de perceptions potentielles, qui apparaissent sans être relevées par la conscience.

La chose perçue se donne par esquisses: chaque perception d’une chose n’est qu’une vue sur elle, qui annonce en elle d’autres vues possibles. Ainsi, une face d’un cube annonce toujours les autres faces qui lui sont juxtaposées dans l’espace. Le vécu perceptif se distingue dès lors du vécu affectif, qui se donne tout entier et non par esquisses (la joie, par exemple, est tout entière donnée dès lors que je la vis).

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