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La méditerranée au XIIème siècle

Introduction

Au XII-ème siècle, le bassin méditerranéen est un lieu d'échanges fondé sur l'histoire et sur la nature puisque plusieurs grandes civilisations habitent ses côtes. C'est aussi le lieu de l'affrontement entre l'Orient qui s'affaiblit et l'Occident qui s'affirme. L'expansion de l'Occident en Méditerranée commence et va asseoir sa primauté pour une longue période. Celle-ci se fait grâce au recul de l'Islam et au déclin de Byzance. C'est un processus où se mêlent le militaire, le politique et le religieux. Dans ce cadre, la Méditerranée connaît un renouveau commercial, culturel et voit l'essor de savoirs et de techniques nouvelles.

1 La Méditerranée, un carrefour de civilisations

1.1 Le repli de Byzance, le morcellement de l'Islam et ses revers.

Contrairement à sa partie occidentale, l'Empire romain a résisté en Orient aux grandes invasions. Dès la fin du V-ème siècle après J.-C., l'Empire d'Occident a disparu et, avec lui la paix romaine. À Byzance, renommée Constantinople, l'Empire romain d'Orient a lui réussi à conserver et à reconquérir un immense empire. Il est chrétien et de langue grecque. Son hellénisme est bien implanté. Avec Justinien au VI-ème siècle, l'Empire byzantin atteint son apogée.

Cependant une période de graves difficultés commence. Alors que l'Empire est affaiblit par une série de catastrophes, les Arabes déferlent sur ses frontières avec des succès foudroyants. Au XII-ème siècle, l'Empire se fissure de l'intérieur du fait d'une aristocratie qui s'accapare les richesses. Malgré le rayonnement de Constantinople sur le plan culturel et religieux (la seconde Rome), ce sont les Italiens qui détournent à leur profit une grande partie du commerce méditerranéen.

Moins d'un siècle après la mort de Mahomet (632), un Empire musulman s'est constitué en regroupant d'immenses territoires depuis l'Indus jusqu'au Sahara. Les grandes routes commerciales internationales sont contrôlées par le monde musulman : les caravanes traversent les déserts tandis que la Mer Rouge est un point de passage obligé. Le dinar d'or sert d'étalon monétaire international.

Mais l'Empire se morcèle peu à peu échappant à l'autorité du calife de Damas. Des Etats se créent à Bagdad, en Egypte et en Espagne. De plus, l'Orient doit subir l'assaut des Turcs qui s'intègrent finalement au monde musulman. Cependant cette civilisation fait preuve d'une culture brillante et d'un art raffiné dans un espace ouvert aux voyageurs.

1.2 Le réveil de l'Occident chrétien.

Au XI-ème siècle commence une période de grande croissance économique soutenue par un essor démographique et des progrès considérables dans l'agriculture car en Occident le travail manuel n'est pas dévalorisé comme il l'est en Orient. L'artisanat et le commerce des villes se développe très rapidement. Les marchands des ports italiens sont omniprésents en Méditerranée.

Cette croissance est permise par une stabilisation politique. En France et en Espagne, les rois affirment leurs pouvoirs en tant que seigneurs dans une structure féodale. En Espagne, la reconquête aide à l'affermissement de la monarchie en estompant les rivalités internes. En Italie, les aristocraties gouvernent les villes marchandes en tirant le maximum de leur avantage géographique.

Par la réforme grégorienne, l'Eglise elle-même se renforce. Depuis la chute de l'Empire romain d'Occident, le Pape représente le seul souverain de Rome. L'Eglise souhaite donc s'affermir afin de se libérer de la tutelle des laïcs. Le prestige de la papauté sort restauré et le Pape Urbain II peut prêcher la première croisade contre les Infidèles en 1095 à Clermont.

1.3 Deux fractures entre l'Orient et l'Occident

Entre les Chrétiens orthodoxes et les Chrétiens latins séparés depuis le grand schisme de 1054, les relations continuent à se dégrader. Les Croisés latins qui doivent reconquérir Jérusalem, leur ville sainte, traversent l'Empire d'Orient sous l'œil soupçonneux des Byzantins. La constitution de royaumes latins en Palestine après la prise de Jérusalem en 1099 n'est pas acceptée par l'empereur. L'antagonisme religieux va croissant, chacune des deux Eglises s'accusant d'hérésie. Cette lutte fratricide devient définitive avec le sac de Constantinople en 1204 lors de quatrième croisade.

Entre Chrétiens et Musulmans qui s'affrontent durant les croisades. Les Chrétiens veulent reprendre les Lieux saints pour différentes raisons : le sultan d'Egypte, Al Hakim, persécute les Chrétiens, les Turcs, qui ont pris Jérusalem en 1078, sont intolérants et menacent de fermer l'accès à Jérusalem, les rois occidentaux prennent conscience que les croisades, en les unissant contre un ennemi commun, peuvent détourner les guerres de leurs propres territoires, enfin la croissance démographique appelle une expansion géographique. Lors des premières croisades, les Latins occupent une partie de la Terre Sainte et y fondent des royaumes chrétiens à partir de 1099. Cependant les Musulmans contre-attaquent au XII-ème siècle et s'emparent de la dernière forteresse chrétienne, St Jean d'Acre en 1291.

En outre, la brillante civilisation maure d'Espagne est sur le déclin. La Reconquista chrétienne repousse l'Empire musulman hors de la péninsule ibérique ; Tolède est reprise en 1085, les Maures sont défaits à Las Novas de Tolosa en 1212 et doivent céder Grenade en 1492. Tolède devient un foyer culturel important, lieu d'échanges entre le monde arabe et le monde chrétien. S'il y a eu des périodes de tolérance, l'incompréhension entre les trois religions (chrétienne, juive et musulmane) y est plutôt la règle.

2 La méditerranée entre contact et coexistence

2.1 L'Italie joue le rôle d'intermédiaire

Les croisades ont réussi à étendre l'influence chrétienne en Orient et surtout à pousser la pénétration économique et commerciale de l'Occident. Or l'Italie possède une position privilégiée au sein de la Méditerranée. Les cités maritimes telles que Gènes, Pise, Venise ou Bari sont des intermédiaires entre l'Orient et l'Occident. Elles profitent du recul musulman, de l'absence d'autres flottes et de l'essor économique de l'Occident.

Les villes italiennes sont sous l'emprise des bourgeoisies marchandes qui adaptent et utilisent les techniques commerciales orientales. Les marchands inventent l'assurance en répartissant les risques des voyages entre eux. Ils inventent également le virement bancaire facilitant les échanges.

Les marchands échangent donc les produits venus d'Orient : épices, parfums, pierres précieuses, soieries, coton contre les produits occidentaux, draperies, métaux… Ce commerce est protégé par les navires de guerre des Républiques maritimes que sont devenues ces cités.

En Sicile et en Italie du Sud s'installe un royaume normand. L'autorité des seigneurs y est limitée par celle des fonctionnaires royaux. Les rois conservent les différentes institutions de leurs prédécesseurs. La prospérité économique règne favorisée par la paix dans un Etat petit mais fort. La politique extérieure est active afin d'essayer de commercer sur un pied d'égalité avec les autres cités maritimes. Les Chrétiens sont favorisés mais les souverains normands sont tolérants envers les autres religions dont ils intègrent les qualités. Ainsi la cour normande, aux accents orientaux et mélangeant les influences devient un brillant foyer culturel (la décoration des églises en témoigne).

Le rôle de Venise est particulier car elle exploite l'Empire byzantin et intègre son influence. Les territoires byzantins sont une chasse gardée pour les marchands vénitiens. L'architecture de la ville (la place Saint Marc, la cathédrale…), devenue richissime par son commerce et puissante par sa marine de guerre, s'inspire des modèles byzantins. Venise est de plus une ville étape sur le chemin le plus court entre l'Orient et l'Occident que ce soit pour les navires ou pour les caravanes. Elle sert d'entrepôt et les marchands vendent sur le marché du Rialto des produits qu'ils réexpédient en prenant un bénéfice.

2.2 Les Etats latins d'Orient

Suite à la première croisade (1099), quatre Etats latins sont formés en Orient : Jérusalem, Tripoli, Antioche et Edesse. L'occupation militaire de ces Etats est très précaire du fait de la perpétuelle menace des Arabes à l'Est. Elle va néanmoins durer près d'un siècle.

Les Etats latins sont des terres reprises aux Musulmans : en effet, elles appartenaient à l'Empire byzantin. Les Musulmans sont divisés. Ainsi les Francs (les Latins) peuvent-ils parvenir à conserver leurs conquêtes. Les Etats latins se dotent de princes francs qui gouvernent au nom de l'Eglise de Rome. Les terres sont distribuées en fiefs aux chevaliers. Des forteresses sont construites afin de les défendrent : elles sont tenues par des ordres tels les Templiers ou les Hospitaliers.

Cependant, les Francs ne peuvent tenir le comté d'Edesse qui tombe dès 1144 malgré le secours de la deuxième croisade. En 1187, les Musulmans que Saladin est parvenu à unir battent les Francs qui perdent Jérusalem et ne peuvent conserver qu'une mince bande côtière. La troisième croisade (1192) ne permet que la reprise durable d'Acre et la conquête de Chypre.

Les Francs en Palestine et en Syrie créent des routes, des villages et des domaines ruraux qu'ils exploitent. Les colonies marchandes italiennes défendent la côte et ravitaillent les Francs. Les contacts intellectuels restent faibles du fait de l'incompréhension des langues. Les cultures évoluent séparément. Le modèle roman occidental s'impose dans la construction des églises tandis que les fresques qui les décorent sont d'inspiration byzantines. Les Latins empruntent néanmoins à l'Orient des coutumes telles les tenues vestimentaires et des techniques notamment dans la production de verre ou de soie.

2.3 Les déséquilibres et les tensions l'emportent après un siècle brillant.

Alors que la connaissance (traduction du Coran en 1140) de l'autre a largement progressé tout au long du siècle, la fin du XII-ème siècle voit l'hostilité grandir entre les trois mondes. La quatrième croisade (1204) consomme la rupture avec Byzance (qui d'ailleurs ne se relèvera pas). L'Islam contre-attaque politiquement et militairement par une union enfin réalisée.

L'Occident lui, est, commercialement, le grand vainqueur du siècle. Il s'impose en Méditerranée pour longtemps bien qu'il entre dans une période défensive sur son front oriental.

3 Annexes et définitions

3.1 Annexes

Quelques dates :

  • 1096-1099 : première croisade prêchée en 1095 par Urbain II à Clermont pour délivrer Jérusalem (le Saint Sépulcre) et les Lieux saints. La croisade populaire conduite par Pierre l'Ermite fut décimée en Anatolie. La croisade des chevaliers conduite par Godefroi de Bouillon s'empara de Jérusalem le 15 juillet 1099 et fonda quatre royaumes latins en Syrie-Palestine.
  • 1147-1149 : deuxième croisade prêchée par Bernard de Clairvaux pour reprendre la Syrie. Louis VII de France et l'Empereur Conrad III échouent devant Damas.
  • 1189-1192 : troisième croisade prêchée par Guillaume de Tyr après la prise de Jérusalem par Saladin. Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion et Frédéric Barberousse (empereur) obtiennent le droit de pèlerinage.
  • 1202-1204 : quatrième croisade prêchée par Foulques de Neuilly. Les Croisés sont détournés par Venise sur Constantinople et y fondent un Empire latin.
  • 1212 : croisade des enfants, décimée avant d'atteindre la Terre sainte.
  • 1217-1221 : cinquième croisade. Prise puis restitution de Damiette par Jean de Brienne et André II de Hongrie.
  • 1228-1229 : sixième croisade. L'empereur Frédéric II se fait restituer les Lieux saints.
  • 1248-1254 : septième croisade après la chute de Jérusalem. Echec de Louis IX.
  • 1270 : huitième croisade. Mort de Saint Louis le 25 août à Tunis de la peste.
  • 1291 : neuvième et dernière croisade. Echec devant Acre.

Quelques grandes personnalités :

  • Mahomet : 570-632, prophète et fondateur de l'Islam ; sa vie est connue grâce au Coran, le livre sacré des Musulmans. Il connut la révélation en 610 et commença à prêcher la parole d'Allah. Emigré à Médine en 622 (début de l'ère musulmane) pendant l'hégire, il conquiert La Mecque en 630. Les Musulmans croient en un Dieu unique, Allah, Mahomet étant son prophète. Les 5 piliers de l'Islam sont la profession de foi, les cinq prières quotidiennes, le jeûne du ramadan, le pèlerinage à La Mecque, l'aumône légale.
  • Urbain II : 1042-1099, Pape de 1088 à sa mort. Au milieu de la lutte entre la papauté et l'Empire, il parvint à poursuivre la réforme grégorienne et à consolider le gouvernement de l'Eglise. Il réunit en 1095 le Concile de Clermont qui décida de la première croisade.
  • Saladin : 1138-1193, vizir puis sultan d'Egypte, il refit l'unité du monde musulman. Il reprit Jérusalem aux croisés en 1187. Il est le modèle des vertus chevaleresques même pour ses adversaires.
  • Godefroi de Bouillon : 1061-1100, duc de Basse Lorraine, il vendit ses domaines et partit pour la première croisade dont il fut l'un des chefs. Elu roi de Jérusalem après la prise de la ville, il préféra le titre d' " avoué du Saint Sépulcre ". Son enthousiasme et son humilité suscitèrent de nombreuses légendes.

3.2 Définitions

  • Calife : chef politique et religieux musulman investi du pouvoir spirituel et temporel, il assure la direction d'un califat. Les trois principaux califats sont : omeyade qui règne sur l'Empire musulman jusqu'en 750 à Damas, abbasside à Bagdad, omeyade à Cordoue et fatimide au Caire.
  • Croisade : pèlerinage et expédition guerrière destinée à reconquérir les Lieux saints. Il y en a eu 9 entre 1096 et 1291.

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