Soutien Scolaire Keepschool

L'Europe entre restauration et révolution au XIXème siècle

Introduction

Tout au long de la première moitié du XIX-ème siècle, la peur des mouvements révolutionnaires incite les aristocrates à réorganiser l'Europe. Les vainqueurs de Napoléon se réunissent au Congrès de Vienne pour tenter d'effacer l'empreinte de la Révolution et de l'Empire. La carte de l'Europe est refaite. Mais ils ne veulent pas tenir compte des aspirations des peuples à disposer d'eux-mêmes et vont à l'encontre des revendications nationales. Par deux fois, en 1830 et en 1848, l'équilibre conservateur est ébranlé par des mouvements populaires. Au centre de cette effervescence, les Romantiques exaltent le tumulte des sentiments et s'engagent dans des combats pour la liberté.

1 L'Europe eaprès la Révolution et l'Empire

1.1 Le congrès de Vienne

À Vienne entre 1814 et 1815 se réunissent les princes des puissances vainqueurs de Napoléon. Le tsar Alexandre I-er, le chancelier autrichien Metternich, l'Anglais Castlereagh et le Prussien Hardenberg ainsi que le Français Talleyrand veulent refaire l'Europe après tant de troubles. Ils établissent deux principes : la légitimité dynastique (le droit fondé sur l'hérédité de la couronne) et l'équilibre entre les grandes puissances. L'Angleterre et l'Autriche sont les gagnantes tandis que les petits peuples sont totalement ignorés. Le 9 juin 1815 se termine le Congrès. Les quatre puissances ennemies de Napoléon signent la Quadruple Alliance, un pacte de secours contre les bouleversements révolutionnaires.

La France monarchique souhaite retrouver sa place de grande puissance. Or, en 1820, une intervention en Espagne lui permet de redorer son prestige par une victoire militaire. En Méditerranée, la France aide l'insurrection de la Grèce contre l'oppression ottomane et les marines alliées (France, Angleterre, Russie) écrasent la marine turque à Navarin. En 1830, la France commence la conquête d'Alger pour se constituer un second empire colonial, le premier ayant disparu avec la Révolution.

Les modifications géographiques :

La Russie acquiert les deux tiers de la Pologne et la Finlande. L'Autriche reprend le Tyrol, annexe les provinces illyriennes et s'empare de l'Italie du Nord. La Prusse absorbe le reste de la Pologne et la plus grande partie des régions rhénanes. Elle devient l'Etat le plus important de la Confédération germanique (union de 39 Etats allemands présidée par l'Autriche). L'Angleterre ne s'étend pas mais sort du conflit maîtresse incontestée des mers ; elle s'empare de bases réparties tout autour du monde qui lui permettent un commerce florissant qui lui donne les moyens de son hégémonie maritime.

Les frontières de la France ont été fixées à celles de 1792 mais elle garde le Comtat Venaissin et quelques villes dans l'Est. Des Etats tampons sont créés (Piémont, Confédération helvétique, Prusse rhénane), chargés de la surveiller. Elle doit verser une indemnité énorme et subir une armée d'occupation pendant 5 ans.

Les acteurs de la Restauration
  • Metternich : 1773-1859, d'origine rhénane, il se met au service de l'Autriche. Ambassadeur à Paris puis ministre des Affaires étrangères, il devient chancelier d'Autriche (1821-1848). Il favorise le retour des Bourbons en France. Véritable gendarme de l'Europe, il mène une vigoureuse politique d'intervention pour étouffer les revendications libérales et nationales. L'embrasement révolutionnaire de 1848 le surprend et le contraint à l'exil.
  • Talleyrand : 1754-1838, devenu évêque parce qu'un accident lui avait fermé la carrière des armes, il est député du clergé aux Etats Généraux. Il prend des positions avancées dès le début de la Révolution. Il propose la nationalisation des biens du clergé et devient chef du clergé constitutionnel. Puis il commence une carrière diplomatique mais doit émigrer après le 10 août 1792. Rentré en 1796, il devient ministre des Affaires étrangères sous le Directoire, le Consulat et l'Empire. À partir de 1807, il intrigue pour le retour des Bourbons et représente la France au Congrès.

1.2 Les premiers mouvements nationaux

D'abord, avec l'affaiblissement de l'Espagne, l'Amérique latine se libère. Entre 1811 et 1828, neuf pays d'Amérique du Sud et le Mexique proclament leur indépendance, soutenus par les Etats-Unis qui voient un intérêt à l'éviction de l'Espagne (doctrine Monroe). Simon Bolivar, héros de l'indépendance, échoue à confédérer les Etats pour faire contrepoids aux grandes puissances. Le Brésil se détache du Portugal et devient indépendant en 1822.

En Europe, les Chrétiens des Balkans se révoltent. Les Serbes arrachent une autonomie partielle en 1817 (ils ne seront indépendants qu'en 1878 après quatre siècles d'oppression ottomane). La Grèce s'affranchit définitivement grâce à l'aide des romantiques d'Europe occidentale en 1829. À l'Ouest, la Belgique catholique se détache des Pays-Bas protestants en 1830 et établit une monarchie parlementaire.

Cependant, en Europe centrale où l'absolutisme domine, les mouvements nationaux avortent. En Allemagne, les étudiants de la Burschenschaft ne réussissent pas leur mouvement national et libéral. Ils obtiennent néanmoins des constitutions de la part de leurs princes. En Italie, les carbonari en 1820 imposent une constitution au Roi des Deux-Siciles et propagent l'agitation anti-autrichienne au Nord. En Pologne, en 1830, les nationalistes renversent le pouvoir vassal de la Russie et chassent les troupes russes. Mais le tsar reprend Varsovie en 1831 et mate durement l'insurrection. 100 000 personnes s'exilent dont le pianiste Chopin.

2 La France de 1815 à 1848

2.1 Les monarchies de retour

Louis XVIII est rétabli sur le trône par les puissances étrangères. Il octroie une Charte et la France connaît un régime représentatif où le roi, chef de l'exécutif, partage le pouvoir législatif avec deux assemblées : la Chambre des pairs, nommée par le roi, et la Chambre des députés, élue au suffrage censitaire. Les députés discutent et votent les lois dont le roi a l'initiative. Ils peuvent critiquer la politique du gouvernement. Cependant le régime n'est pas parlementaire et les droits politiques ne concernent que 100 000 électeurs.

Les oppositions se renforcent. À droite, les ultras rêvent d'un retour de l'Ancien Régime. Charles X, roi depuis 1824, leur accorde des faveurs. Les libéraux eux remportent les élections de juin 1830 Le Roi réplique en signant des ordonnances qui suppriment les libertés. Les 27, 28 et 29 juillet 1830 durant les Trois Glorieuses, les Parisiens républicains en révolte mettent fin à la Restauration. C'est pourtant la bourgeoisie libérale avec Thiers et La Fayette qui remporte la mise en plaçant sur le trône le duc d'Orléans, Louis-Philippe I-er. C'est la Monarchie de Juillet.

La Charte est révisée et le régime adopte une base électorale plus large. Le Parlement partage avec le Roi l'initiative des lois. Cependant, à partir de 1840 avec Guizot, le régime devient de plus en plus conservateur. La petite bourgeoisie réclame en vain le suffrage universel. Avec la crise économique qui interrompt la prospérité dès 1846, le régime perd ses derniers appuis bourgeois. L'opposition républicaine s'amplifie et réclame des réformes.

Les régimes politiques et leurs chefs en France :
  • 1804-1814 : Premier Empire, Napoléon empereur.
  • 1814 : Première Restauration des Bourbons, Louis XVIII,
  • 1755-1824 : frère de Louis XVI, roi de France.
  • Mars à Juin 1815 : Cent Jours, retour de Napoléon.
  • 1815 : Seconde Restauration des Bourbons, Louis XVIII.
  • 1824 : Charles X, 1757-1836, frère de Louis XVI, roi de France.
  • 1830 : Révolution des Trois Glorieuses, Louis-Philippe, 1773-1850, fils du Duc d'Orléans, roi des Français.
  • 1848 : Révolution de Février, instauration de la Seconde République. Election de Louis Napoléon Bonaparte, Président.

2.2 La France du XIXème siècle

La France est le pays le plus peuplé d'Europe avec 35 millions d'habitants en 1845.

C'est un pays qui reste profondément rural. Le paysan français est désormais souvent propriétaire terrien. Jusqu'au milieu du siècle, les aristocrates et les grands propriétaires dominent la vie des campagnes : ils sont les notables. Par leur richesse, ils ont la direction économique du pays, ont une influence sur la vie sociale et donnent le ton de la vie culturelle. L'inégalité dans le monde rural est cependant très forte entre les notables qui vivent dans l'aisance, voire le luxe et les petits paysans qui restent dans la précarité. Une bourgeoisie villageoise s'est formée avec des professions libérales tandis que le monde rural s'industrialise en développant ses régions minières et une industrie textile.

Parallèlement, l'urbanisation progresse bien que seulement 25% des Français vivent dans une ville. Les villes exercent des fonctions administratives, culturelles et éducatives. Elles sont aussi le domaine de l'industrie et du commerce grâce à l'exode rural qui accroît leur population. Entre 1815 et 1848, la ville subit de profondes mutations avec l'apparition des centres-villes aux activités diversifiées et aux immeubles de plus en plus hauts. Des beaux quartiers où vit une bourgeoisie aisée fleurissent à côté des quartiers insalubres où commence à s'entasser un prolétariat miséreux. Des tentatives d'urbanisme apparaissent mais ne triompheront qu'à la période suivante (le Second Empire).

La Révolution industrielle s'amorce. La population active du secteur secondaire (industrie) double en trente ans. Dans les campagnes, les marchands apportent des matières premières aux ouvriers ruraux (main d'œuvre bon marché) qui commencent à confectionner des biens de consommation. Cependant, des inventions et des innovations transforment peu à peu la production. C'est un travail beaucoup plus rapide et à une échelle plus grande qui apparaît avec les premières machines. Il faut produire plus pour être rentable. Les métiers à tisser permettent ce développement tandis que le puddlage et le laminage révolutionnent la sidérurgie. La machine à vapeur de James Watt donne une nouvelle source d'énergie.

Les premières usines sont bâties pour regrouper les ouvriers. La concentration des travailleurs permet une augmentation et une accélération de la production grâce à la mécanisation des tâches. L'usine, nouveau lieu de travail et symbole de l'industrie, déracine l'ouvrier de son milieu rural et familial (" classes travailleuses, classes dangereuses "). Elle nécessite des capitaux et des investissements. Les futurs grands sites industriels se développent : au Creusot, les frères Schneider en 1836, en Lorraine, les De Wendel.

2.3 La révolution de 1848

En dépit de grandes réussites comme l'instruction publique élémentaire (Loi Guizot, 1833) ou la réalisation de grands travaux, l'opposition inspirée par les grandes utopies et les courants précurseurs du socialisme se réveille avec la crise économique de la fin des années 1840. L'immobilisme du gouvernement de Louis-Philippe I-er ouvre la voie à la Révolution le 22 février 1848. Deux jours après le Roi abdique et sous la pression populaire, les députés instaurent un gouvernement provisoire de 11 membres dont Lamartine, Arago et Blanc.

La République est proclamée, les libertés accordées, le suffrage universel rétabli, l'esclavage aboli. Le droit du travail est reconnu et la journée limitée ; des ateliers nationaux sont ouverts pour donner du travail aux chômeurs.

La Révolution se propage dans toute l'Europe en un Printemps des Peuples. L'Autriche, pilier de l'ordre tremble. Metternich s'enfuit devant le soulèvement tandis que l'empereur Ferdinand sauve son trône en octroyant une constitution. Les Tchèques et les Hongrois exigent des statuts particuliers. L'Empire des Habsbourg se fissure. En Prusse, les libéraux se rendent maîtres de Berlin et obligent Frédéric-Guillaume IV a accorder une Constitution. Un parlement élu au suffrage universel est réuni à Francfort. En Italie, une vague d'espoir embrase la péninsule. Tous les souverains sont contraints d'accorder des régimes constitutionnels. Les Autrichiens sont expulsés de Milan et de Venise et tous les regards se tournent vers le Piémont-Sardaigne qui accepte finalement de prendre la tête du Risorgimento. Bien que ces mouvements ne triompheront que bien plus tard, l'Europe de 1815 s'effondre.

Mais les bons sentiments de cette république démocratique et sociale sont à nouveau mis en échec par la bourgeoisie libérale. La dissolution des ateliers nationaux, jugés trop coûteux, entraîne des affrontements. Le 24 juin, l'Assemblée nationale donne au Général Cavaignac les pleins pouvoirs pour réprimer le soulèvement. La contestation ouvrière est anéantie pour longtemps par cette répression sanglante ; l'espoir aussi et George Sand s'écrie : " Je ne crois pas à une République qui fait tirer sur ses prolétaires. " Un président de la République est élu : il s'appelle Louis Napoléon Bonaparte et il est le neveu de l'empereur, les Bonapartistes se reconnaissent en lui ; la Révolution de février 1848 est la dernière utopie de la première moitié du XIX-ème siècle et sonne le glas du Romantisme.

Quelques acteurs :
  • Guizot : 1787-1874, partisan d'une monarchie constitutionnelle, il est libéral sous la Restauration et devient conservateur sous la Monarchie de Juillet. Il est au gouvernement de 1840 à 1848. Son conservatisme suscite les mécontentements et provoque l'insurrection parisienne en février 1848.
  • Lamartine : 1790-1869, homme de lettres, il fait enter le Romantisme en poésie. Elu député de 1833 à 1851, il évolue d'un christianisme libéral vers un républicanisme social. Le 24 février 1848, il proclame la République à l'Hôtel de Ville de Paris et est élu à l'Assemblée constituante par plus de deux millions de voix. L'échec de la république sociale lui vaut un cuisant échec à l'élection présidentielle.

3 Le romantisme dans l'art

3.1 Le romantisme

Le romantisme est un courant artistique contre le classicisme et l'universalisme. Le pré-romantisme naît à la fin du XVIII-ème siècle et se traduit par une exaltation du sentiment et de l'instinct, de la sensibilité, de l'imagination et du fantastique. C'est une réaction contre la raison et la rigueur classiques. C'est en Allemagne et en Angleterre que la pré-romantisme se manifeste de la façon la plus brillante. Le Sturm und Drang allemand remet à l'honneur la poésie et la chanson populaire. Le pré-romantisme touche avant tout la littérature avec Rousseau et Chateaubriand, en France, Goethe et Schiller en Allemagne.

En France, la révolution romantique s'impose en 1830 par trois œuvres clefs : Hernani drame écrit par Victor Hugo, La Symphonie fantastique composée par Hector Berlioz et La Liberté guidant le peuple peinte par Eugène Delacroix.

En littérature, le roman, le roman historique, le théâtre et la poésie sont illustrés par Hugo, Stendhal, Dumas, de Musset, Vigny, Lamartine…

La peinture est aussi renouvelée. Elle célèbre désormais le Moyen Âge, l'histoire contemporaine et l'exotisme. Le maître David demeure plutôt classique tout comme Ingres alors que Géricault et Delacroix sont profondément romantiques. En Allemagne, citons le peintre Friedrich qui restitue les paysages avec une haute spiritualité et une riche sensibilité. L'Anglais Turner exalte la nature, la lumière, la couleur et le mouvement.

Dans la sculpture et l'architecture, c'est la redécouverte du Moyen Âge gothique qui se manifeste. Les cathédrales d'Ulm et de Cologne sont achevées d'après les plans médiévaux. Le Palais de Westminster est rebâti.

En musique de nouveaux genres comme les Lieder apparaissent avec Schubert et Schumann. Le statut de l'artiste change avec l'émergence de l'artiste héros qui allie les capacités d'un compositeur et celles d'un virtuose comme Liszt, Chopin ou Paganini. La musique symphonique accorde beaucoup d'importance au drame avec Berlioz et Beethoven. L'opéra triomphe en montrant des passions exacerbées ; il est loin d'être dénué de sens politique (Bellini, Donizetti et les deux génies Verdi et Wagner).

3.2 Quelques grands romantiques

  • Chateaubriand : 1768-1848, né dans une famille aristocratique de Bretagne, il s'exile pendant la Révolution. Rentré en France, il partage son temps entre littérature et politique. Diplomate au service du Premier Consul, il rejoint l'opposition à l'empereur après l'assassinat du duc d'Enghien (1804). Initiateur du Romantisme en France, il met sa plume au service des Bourbons. Ambassadeur à Berlin puis à Londres, il représente la France au congrès de Vérone puis devient ministre des Affaires étrangères. En disgrâce, il rejoint l'opposition libérale où il mène campagne contre les ultras puis contre l'avènement des Orléans. Il se consacre ensuite totalement à la littérature avec ses Mémoires d'Outre Tombe.
  • Hector Berlioz : 1803-1869, compositeur français, romantique. Ses symphonies sont très célèbres Symphonie fantastique, Symphonie funèbre et triomphale ainsi que son Requiem. Son style, mal compris des Français provoque l'échec des Troyens, un immense opéra.
  • Guiseppe Verdi : 1813-1901, compositeur italien, romantique, véritable âme du Risorgimento (V.E.R.D.I. : Victor Emmanuel, Roi d'Italie), il triomphe à l'opéra avec Nabucco, Macbeth, La Traviata, Le Trouvère, Rigoletto, Don Carlos, La Force du Destin, Aïda, Othello, Falstaff… Ses cœurs sont particulièrement populaires.
  • Richard Wagner : 1813-1883, compositeur allemand, d'abord romantique, il fonde son style et révolutionne l'opéra. Il invente la mélodie ininterrompue et le leitmotiv. Le Vaisseau fantôme, Tannhäuser, Lohengrin, Tristan et Iseult, L'Anneau des Nibelungen.

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