Soutien Scolaire Keepschool

Croissance et crise dans les PDEM depuis 1945

Introduction

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe est en ruines. Les Etats-Unis possèdent les deux tiers des réserves d'or mondiales et produisent à eux seuls la moitié de la production agricole et industrielle mondiale. Ils vont donc être les supports de la nouvelle économie mondiale qui se met en place et qui fait passer les pays d'Europe occidentale de la pénurie à l'abondance et les Etats-Unis d'une économie de guerre à une économie de paix.

1 Les trente glorieuses (1944-1973)

1.1 La "Renaissance" (1945-1950)

L'après-guerre

Le lendemain de la guerre constitue pour tous une période de reconstruction de l'économie mondiale. Mais les priorités des pays varient considérablement : aux Etats-Unis, il faut éviter une réapparition de la crise suite à la reconversion à une économie de paix ; en Grande-Bretagne, il faut rétablir une situation économique et financière ébranlée ; en France comme en Allemagne, il faut reconstituer un appareil de production qui a été réduit à néant ; au Japon, il faut avant tout assurer la subsistance d'une population réduite aux ressources de l'archipel.

Le nouveau système monétaire

Il se met en place durant la guerre à Bretton Woods en 1944. Les 45 pays présents y définissent un nouveau système monétaire. Les Etats-Unis étant devenus les créanciers du monde avec deux tiers du stock d'or mondial en leur possession, il leur est aisé d'imposer leurs vues : grâce au Gold Exchange Standard (étalon de change-or), le dollar devient un titre de paiement universel aussi fiable que l'or. Les thèses de l'Américain White triomphent donc sur celles de Keynes qui était partisan d'une monnaie de compte internationale totalement détachée de l'or.

Le rôle mondial des États-Unis

L'économie mondiale se reconstruit donc sous le leadership américain. Détenant la plus grande partie des moyens de paiement, les États-Unis se trouvent dans une impasse : leurs clients potentiels ne peuvent acquérir les dollars nécessaires au règlement de leurs importations (dollar gap) alors que l'exportation est une nécessité vitale pour les États-Unis. Seule échappatoire donc : subventionner eux-mêmes la reconstruction européenne, ce à quoi ils s'engagent avec le Plan Marshall qui pose les conditions des prêts et des dons et mêle ainsi intérêts économiques et politiques. La création par les États-Unis de l'OECE (Organisation Européenne de Coopération Economique qui deviendra en 1961 l'OCDE, Organisation de Coopération et de Développement Economique) doit jeter les bases d'une nouvelle coopération économique entre les Etats européens et les sortir de la logique de guerre.

Les États-Unis créent également les conditions favorables à la croissance en se faisant les champions du libre-échange. Ils jouent un rôle déterminant dans la signature du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) en octobre 1947 qui tend à réduire les taxes et droits de douane pour développer les échanges commerciaux entre les pays (prolongé par le Kennedy Round de 1963 à 1967).

1.2 Les moteurs de la croissance (1950-1973)

La croissance démographique

Le baby-boom des pays industrialisés jusque dans les années 1960 entraîne dans un premier temps une hausse de la demande puis une hausse du nombre d'actifs.

Un cadre monétaire et commercial fiable

Cf ce qui a été dit plus haut sur le libre échange et le nouveau système monétaire.

L'intervention de l'Etat

Elle se manifeste sous plusieurs formes. En France, l'Etat organise la planification de l'économie, planification indicative qui ne donne à l'Etat que des moyens d'incitation (commandes aux entreprises, crédits, fournitures à des prix préférentiels). L'intervention de l'Etat peut également se manifester par une politique d'aménagement du territoire : par exemple, en Grande-Bretagne, les Trading Estates sont des aires aménagées et parfois dotées de privilèges fiscaux pour y favoriser l'implantation des usines. Les nationalisations témoignent également de la volonté de l'Etat de s'immiscer dans les affaires économiques. L'ampleur des nationalisations varie selon les pays : elles sont importantes en Grande-Bretagne, Italie et en France. Ainsi, par une planification indicative, la mise en place de politiques de régulation conjoncturelle, l'amélioration des comptabilités nationales, une politique de redistribution des revenus et par les crédits octroyés à la recherche, l'Etat favorise la croissance.

Les progrès scientifiques et techniques

Ils sont considérables. Les gouvernements financent une large partie de l'effort de R&D (elle absorbe dans les années 60 3, 4% du PNB des États-Unis ). C'est la troisième révolution industrielle fondée cette fois sur l'électronique et le nucléaire.

L'investissement

Il connaît un essor considérable dans tous les pays industrialisés, atteignant jusqu'à 1/5 du PNB et croît chaque année de 7% entre 1955 et 1973.

1.3 Aspects de la prospérité (1950-1973)

L'Occident entre donc pendant trente ans dans une période de croissance exceptionnelle qualifiée par J. Fourastié de "Trente Glorieuses". Le PNB croît alors de 5% par an dans les pays industrialisés, le chômage est endigué. Mais cette croissance ne revêt pas le même ampleur selon les secteurs et selon les pays.

Une croissance inégale selon les secteurs

Le secteur primaire subit un délestage important : si les volumes de production augmentent, le nombre d'agriculteurs diminue grâce à l'amélioration des rendements et de la productivité. L'industrie constitue le moteur de la croissance : la production industrielle quadruple. Cependant, c'est le secteur tertiaire qui connaît l'augmentation la plus importante.

Une croissance inégale selon les pays

Le taux de croissance du PNB varie au sein même des PDEM de façon considérable : il est modéré dans les pays anglo-saxons (taux de croissance annuelle de 1950 à 1970 de 2, 8% pour la Grande-Bretagne, de 3, 9% pour les États-Unis ), elle est plus importante pour les autres pays européens (4, 8% pour la France, 5, 5% pour la RFA) et spectaculaire pour le Japon (10, 9%).

La mondialisation de l'économie

Les concurrences nationale et internationale se font de plus en plus aiguës, ce qui génère une concentration des entreprises pour rentabiliser des investissements de plus en plus lourds. L'économie devient mondiale et les entreprises multinationales se multiplient.

Les rançons de la croissance

Ce sont l'accentuation des déséquilibres sociaux (dans The Other America, Michael Harrington dénonce la pauvreté aux États-Unis), des déséquilibres sectoriels (déclin du textile, du charbon…), des déséquilibres régionaux (exode rural, pauvreté plus marquée dans certaines régions comme le Pays de Galles en Grande-Bretagne), des déséquilibres écologiques (développement de la pollution, aggravation de la congestion urbaine), déséquilibres mondiaux enfin (avec un écart Nord - Sud qui se creuse).

Une autre menace pèse sur les PDEM : l'inflation.

L'expansion a été soutenue par une création de monnaie continue qui a engendré l'abondance monétaire (cf. exemple des eurodollars), donc le crédit à bon marché et l'aisance des moyens de paiement, mais aussi l'inflation.

2 Charnière économique (1973)

En 1973, la hausse du prix du pétrole marque le début de la "crise contemporaine" de l'économie mondiale.

2.1 Origines de la crise

Le premier choc pétrolier constitue le détonateur de la Crise. Le déséquilibre entre un prix du pétrole maintenu bas par les grandes compagnies pétrolières occidentales tout au long des "Trente Glorieuses" et l'augmentation exponentielle de la consommation mondiale d'énergie (dans les pays industrialisés, le pétrole représente à lui seul 75% de l'énergie consommée) n'est plus toléré par les pays de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole fondée en 1960). Ceux-ci décident donc de quadrupler le prix du pétrole qui passe de 3 à 12$ le baril.

Mais si le premier choc pétrolier constitue le détonateur de la Crise, d'autres facteurs y concourent. En premier lieu, la diminution des gains de productivité depuis le milieu des années 1960. Les salaires et les prestations ont continué d'augmenter et parallèlement, le profit des entreprises s'est effrité, ce qui a provoqué une baisse de l'investissement. De plus, le marché des biens de consommation durables commence à être saturé.

Enfin, une autre cause de la crise réside dans le désordre monétaire international. Les Etats-Unis, forts du statut reconnu au dollar par les accords de Bretton Woods, ont réglé la plus grande partie de leur déficit commercial par une émission monétaire au fur et à mesure des besoins. Ils ne sont donc plus en mesure d'assurer la convertibilité du dollar en or. Certains pays comme la France demandent la conversion en or des dollars qu'ils détiennent. Il en résulte un rush spéculatif et une crise du dollar. En août 1971, Nixon, constatant que les États-Unis sont incapables d'assurer le remboursement des dollars en or, suspend la convertibilité du dollar.

Le second choc pétrolier qui fait suite à la révolution iranienne de 1979 amplifie encore la Crise.

2.2 Les conséquences immédiates de la crise

Les balances commerciales des pays importateurs de pétrole se trouvent lourdement grevées par l'accroissement brutal du prix du pétrole. Elles enregistrent un déficit important. L'inflation s'en trouve accélérée. La croissance de l'économie mondiale est brutalement cassée. Des mesures d'économie d'énergie sont prises pour limiter les importations de pétrole.

3 L'économie mondiale depuis 1973

La Crise se caractérise par la convergence de trois phénomènes : l'arrêt, voire le recul de la croissance, l'augmentation du chômage et l'accentuation de l'inflation.

3.1 Un phénomène inédit : la stagflation

Les PDEM doivent faire face à un nouveau phénomène : la stagflation, qui désigne la concomitance entre la stagnation de la croissance et l'inflation. D'abord, la croissance passe du taux annuel moyen de 2-4% à 0 ou -2%. Les manifestations du ralentissement de la croissance sont multiples : ralentissement du dynamisme démographique, saturation progressive du marché et surendettement des ménages. La saturation des débouchés entraîne en retour une baisse des investissements des entreprises qui crée un cercle vicieux de récession.

Parallèlement, l'inflation continue à se développer, alimentée par l'accroissement du déficit budgétaire et par les hausses des salaires et charges fiscales. Elle passe d'un taux annuel moyen de 3-4% à 10-15%. Cette flambée de l'inflation est d'autant plus grave que l'élément compensateur que constituait le bas prix de l'énergie, des matières premières et des produits alimentaires a disparu.

3.2 L'accroissement du chômage

Dans les pays industrialisés, le cap des 5% d'actifs est franchi en 1975, celui des 10% en 1982. En 1983, on compte 34 millions de chômeurs dans les pays de l'OCDE. Le chômage entretenu par la récession est amplifié par des modifications structurelles comme l'introduction de l'informatique de bureau, la mécanisation ou encore l'augmentation de la productivité.

Cependant, les systèmes d'aide et d'assurance mis en place pendant les "Trente Glorieuses" permettent d'atténuer les conséquences matérielles de cette situation.

3.3 Les réponses à la crise

Pourtant, la Crise économique mondiale n'a rien de comparable avec la Dépression de 1929. Elle n'entraîne pas une baisse comparable de la production, des prix ou du commerce international, ni ne voit se déchaîner les protectionnismes. C'est donc une crise originale qui requiert des remèdes nouveaux.

Les politiques d'économies d'énergie

Elles sont mises en place dans tous les pays (en France, VGE lance une campagne contre le gaspillage d'énergie) mais constituent un bien maigre palliatif à la Crise. Elles conduisent notamment à une réorientation vers l'énergie nucléaire.

Les stratégies d'inspiration keynésienne

Dans sa Théorie générale de l'intérêt, la monnaie et l'emploi (1936), John Maynard Keynes fait l'hypothèse qu'une fraction stable de toute augmentation du revenu courant disponible est consacrée à la consommation. Il faut donc relancer la consommation intérieure par une élévation du pouvoir d'achat et résorber le chômage par des créations d'emplois. Cependant, de telles politiques conduisent à une aggravation du déficit commercial, ce qui affaiblit encore la monnaie et aggrave l'inflation (Cf. exemple de la relance de Mauroy en 1981-1982). Ces stratégies d'inspiration keynésienne sont mises en place en France et en Allemagne ; elles ne réussissent pas à faire reculer le chômage.

Les stratégies d'inspiration néo-monétaristes (M. Friedman)

Devant l'échec des solutions keynésiennes, l'option monétariste trouve des échos aux États-Unis à partir de 1979-1980. Elle s'attache d'abord à juguler l'inflation en jouant sur des taux d'intérêt élevés en vue de réduire le crédit et de consolider la monnaie. La baisse temporaire du pouvoir d'achat doit permettre de retrouver un équilibre entre pouvoir d'achat et valeur de la production et de permettre à la croissance de repartir sur des bases saines.

Conclusion

Cette politique est appliquée dès 1979 par Volcker qui prend la tête de la Federal Reserve Bank américaine. Dès les années 1980, la stratégie monétariste et libérale l'emporte un peu partout ; même le gouvernement socialiste français doit s'y ranger en 1983. La croissance reprend à la fin des années 1980, favorisée par le contre-choc pétrolier de 1986 qui annule le second choc. Cependant, le point noir reste jusqu'au milieu des années 1990 le niveau très élevé du chômage qui dépasse les 10% de la population active.

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