Soutien Scolaire Keepschool

Montaigne

1 Vie et œuvre de Montaigne

1.1 Retraite studieuse (jusqu'en 1580)

Michel Eyquem (1533 - 1592) est né au château de Montaigne d'une famille de riches négociants bordelais. Après des études de philosophie et de droit, Montaigne entre dans la magistrature : il est nommé à la Cour des Aides de Périgueux, puis au Parlement de Bordeaux.

Par amour du repos et surtout de l'indépendance, il résigne bientôt sa charge de magistrat et se retire sur ses terres pour s'y consacrer à l'étude et à la réflexion. Il lit énormément et commence à consigner les réflexions que lui inspirent ses lectures.

Les chapitres s'accumulent. Vers la fin de 1578, Montaigne en dénombre 94 qu'il répartit en 2 livres. En 1580, paraissent les Essais de Montaigne. Cette première édition n'est qu'une ébauche de ce qui sera la version finale des Essais. Il s'y contente de notes de lectures. Beaucoup de chapitres sont maigres et traitent de sujets restreints. L'auteur, selon le goût du temps, groupe, autour d'un exemple ou d'une idée, des sentences empruntées aux anciens et conclut en dégageant une règle générale. Quelques chapitres seulement sont plus étoffés et abordent des questions d'un intérêt plus vaste. Dans cette première version des Essais, la pensée de Montaigne n'apparaît pas encore fixée.

1.2 Expériences nouvelles et maturité (1580-1592)

Après 10 ans de studieux loisirs, Montaigne éprouve le besoin d'élargir son horizon. Comme il souffre de la gravelle, il prend prétexte du soin de sa santé pour entreprendre un long voyage en Europe. Il visite la France, l'Allemagne, l'Italie où il apprend qu'il vient d'être élu maire de Bordeaux. Son mandat prend fin en 1585. Voyage en Europe et mandat municipal à Bordeaux ont donné à Montaigne la connaissance des pays étrangers et des événements contemporains. Riche d'une expérience nouvelle, il retrouve au début de 1586 la solitude de sa bibliothèque.

Il reprend alors ses Essais. Il modifie et complète les chapitres déjà rédigés, d'une façon qui en modifie parfois la portée et compose 13 nouveaux chapitres, denses et étoffés qu'il groupe en un troisième livre. De façon générale, cette nouvelle édition des Essais, qui paraît en 1588, est beaucoup plus riche en réflexions personnelles et l'opinion des Anciens n'intervient plus qu'à titre d'exemple ou de confirmation. Ces réflexions personnelles lui servent de point de départ pour philosopher sur l'homme et sur la vie. Il aborde souvent des questions d'un très large intérêt.

2 Portrait moral

2.1 "L'honnête homme"

Montaigne est un épicurien raffiné, passionné d'indépendance et avide de goûter les plaisirs les plus délicats. Sa jeunesse, conduite d'une façon molle et libre, l'a habitué à aimer la vie et à la cultiver.

Montaigne recherche le plaisir et fuit le tracas et, tout particulièrement, le tracas de la vie publique. Ce qui ne signifie pas, pourtant, qu'il ne goûte pas les joies de la vie en société : il prend plaisir à la compagnie d'une société restreinte et choisie. Il aime recevoir sans cérémonie ses parents, ses amis, ses voisins, avec qui il pratique la conversation dont il fait son passe-temps favori.

2.2 Le penseur

Montaigne est un humaniste. Son érudition est considérable, sa culture immense. Il a beaucoup lu, surtout les auteurs latins : Sénèque, Plutarque, Virgile, etc. Cet humaniste, cependant, n'a rien de commun avec les pédants qu'il méprise souverainement. Il se défend d'entreprendre aucune étude particulière. Il se veut libre. Il touche à toutes les formes de pensée sans jamais s'y arrêter. S'il se laisse séduire un temps par le stoïcisme, puis par le scepticisme qui lui inspire son célèbre : "Que sais-je ?", il n'y adhère pourtant pas. Sa pensée est trop mouvante pour pouvoir se fixer jamais en un système. Montaigne, en cela, n'est pas un véritable philosophe. Il a pourtant abordé avec profondeur bien des problèmes : politique, religion, éducation. Dans tous ces domaines, Montaigne apparaît comme un fervent défenseur de la tradition, ce qui ne l'empêche pas de soutenir à l'occasion des idées hardies.

2.3 Le sage

Formé par la vie, par une réflexion constante, par l'expérience du stoïcisme et du scepticisme, Montaigne aboutit peu à peu à l'épanouissement d'une sagesse toute personnelle. Il nous apprend à aimer la vie et à la goûter pleinement. Le bonheur consiste, pour lui, dans la réalisation complète et harmonieuse de notre nature, sans amertume et sans fièvre. "Faire bien l'homme et dûment", telle est la formule qui résume cet art de vivre. Il faut y préparer l'enfant par l'éducation qui cherchera à faire de lui, non pas un puits de science, comme le voulait Rabelais, mais à former son jugement et son équilibre.

3 Montaigne artiste

3.1 Le naturel

Montaigne avait horreur de l'éloquence et de l'affectation. L'expression doit être, selon lui, spontanée, vive et savoureuse. Le naturel consiste pour lui en un laisser-aller apparent : pas de composition rigoureuse ; une anecdote en amène une autre, une digression vient se greffer sur un raisonnement. Mais ce laisser-aller n'est qu'apparent ; il est l'effet de l'art et les manuscrits de Montaigne nous renseignent sur le soin méticuleux avec lequel il retouchait son style. C'est par un effort conscient, et non pas spontanément, que le style parvient à reproduire l'allure de la méditation. Montaigne imprime à sa phrase le mouvement même de la méditation. Avec ses associations imprévues, ses saillies piquantes, ses rebondissements capricieux, elle semble se modeler sur la pensée.

3.2 La couleur

La langue de Montaigne est à la fois très riche et très scrupuleuse dans le choix des mots. Son vocabulaire est très sûr ; il aime les mots consacrés par l'usage et les tournures pittoresques du langage populaire. Il enrichit ce fonds en empruntant des mots latins francisés qui donnent, à notre langue, un peu de l'énergie de la langue latine ; et aussi, mais avec discrétion, des mots de patois. Il savoure l'expression exacte et frappante. Sa pensée est constamment relevée par des comparaisons concrètes, des images poétiques, des métaphores vigoureuses. La marque la plus originale de Montaigne, c'est ce jaillissement perpétuel de métaphores juxtaposées qui transfigurent l'idée la plus banale par leur pittoresque savoureux et par leur scintillement.

3.3 Un précurseur du classicisme

A maints égards, Montaigne annonce la doctrine classique. Par l'asservissement du style à la pensée, par l'admiration qu'il voue aux anciens - qu'il s'efforce d'imiter, sans espérer les égaler, par l'idéal d'art très élevé et très conscient qu'il se donne, par l'extrême rigueur qu'il s'impose enfin, il annonce les traits qui caractériseront nos grands écrivains du XVIIème siècle.

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