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Essai philosophique

Ces deux mots sont considérés dans leur sens le plus large. L’essai désigne ici toute réflexion libre sur un sujet donné, qu’elle prenne la forme du discours, de l’article de dictionnaire, de la lettre ou de la dissertation. Quant à la philosophie, elle est ici comprise comme la recherche spéculative des principes et des fins, mais son domaine de définition est bien différent aujourd’hui de ce qu’il était au xviiie siècle ou au Moyen Âge.

Au Moyen Âge, la tendance est à la scolastique*, et sous l’autorité de la Somme théologique de l’Italien saint Thomas d’Aquin, la philosophie tente d’accorder la foi et la raison, la religion chrétienne et la philosophie grecque d’Aristote. Au xvie siècle, tout en restant profondément religieuse, mais pas forcément catholique, comme le prouve l’Institution de la religion chrétienne du réformateur Calvin, la pensée, sollicitée par l’actualité tragique des guerres civiles, s’oriente souvent vers la philosophie politique, comme en témoignent La République de Bodin, le Contr’un ou Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie.

Au xviie siècle, Descartes rompt définitivement avec la scolastique* dans ses deux écrits majeurs, le Discours de la méthode, les Méditations métaphysiques, et propose une démarche cognitive fondée sur la seule intuition rationnelle. Après l’expérience du doute, vient la certitude du sujet : « je pense donc je suis », première vérité, dont découlent toutes les autres connaissances métaphysiques, morales, géométriques ou biologiques. En revanche, l’esprit scientifique de Pascal tente dans ses Pensées d’anéantir les certitudes du « je », pour permettre la révélation de Dieu.

Au xviiie siècle, non sans peine, les Lumières finissent par triompher des dernières résistances de la philosophie scolastique* ou chrétienne, et l’essai semble le genre le plus approprié à l’expression libre et rigoureuse à la fois des idées nouvelles. Voltaire, tout en condamnant « l’Infâme », l’Église intolérante, accepte encore l’idée d’un créateur divin dans son Dictionnaire philosophique. En revanche, le sensualisme de Condillac, pour qui la pensée n’est que la transformation des sensations, et le matérialisme* athée de Diderot, Helvétius et d’Holbach, développent la vision d’un univers sans Dieu, régi par les lois scientifiques de la matière et du vivant, autant d’idées expliquées dans l’essai monumental et polyphonique, c’est-à-dire à plusieurs voix, qu’est l’Encyclopédie.

Ces philosophies trouvent généralement leur application morale dans la recherche de la vertu et du bonheur terrestre. Dans le domaine de la Cité, les Lumières proposent des réformes de l’économie, comme Turgot, de l’instruction, comme Condorcet, de la société, comme Rousseau. À cet égard, Rousseau semble d’ailleurs se désolidariser des Lumières qu’il critique. En effet, dans ses Discours, il accuse le soi-disant progrès d’être la cause de la corruption des mœurs.

Au xixe siècle, l’essai est attaché aux aventures de la science et de la liberté. La révolution industrielle et les révolutions politiques surtout, suscitent un nombre important d’essais de toutes sortes, notamment dans le domaine des sciences sociales, et Alexis de Tocqueville publie De la démocratie en Amérique, et Ernest Renan, L’Avenir de la science. Dans la lignée du xviiie siècle, l’essai est manifestement le genre où la raison collabore avec l’enthousiasme, pour le bien de l’humanité.

Au xxe siècle, au contraire, l’essai accueille les crises et les angoisses de la conscience contemporaine. Face aux certitudes de la science rationaliste, s’amorce un retour à la conscience subjective dans l’Essai sur les données immédiates de la conscience d’Henri Bergson. Tout en analysant Le Nouvel Esprit scientifique, Gaston Bachelard s’attache à la psychanalyse des éléments naturels et à La Poétique de la rêverie. Et dans sa Somme athéologique, Georges Bataille analyse L’Expérience intérieure d’un érotisme sans limite.

Mais les nécessités du temps sollicitent les philosophes, appelés à s’engager. L’essai devient souvent le laboratoire où s’élabore la nécessaire pensée d’un lien entre l’homme et la société. Rendu célèbre par ses Propos critiques contre toutes les formes de tyrannies sociales, Alain s’attache à exposer les Éléments d’une doctrine radicale. Jean-Paul Sartre tente de concilier le marxisme et l’existentialisme dans son essai sur la Critique de la raison dialectique. Camus lui-même, dans L’Homme révolté, examine les possibilités d’une morale de l’action.

Mais c’est cette même morale de l’action, précédée d’idéologies, et suivie de cadavres, que refuse, sceptique, Emil Cioran dans son Précis de décomposition, car il se méfie de La Tentation d’exister. Et aujourd’hui, mis à part les remarquables écrits de Jacques Derrida sur le signe et le texte, alors que les essais pullulent, la pensée philosophique disloquée semble momentanément en perte de vitesse, malgré les tentatives des « nouveaux philosophes » ou des cafés philosophiques.

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