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La comptabilité nationale

Introduction

La comptabilité nationale fournit une représentation quantifiée de l'économie du pays. Elle présente les opérations réalisées par les acteurs économiques dans un cadre conventionnel et codifié dont l'évaluation monétaire et les comptes constituent les instruments de base. Les comptes de la nation, élaborés sous la responsabilité de l'INSEE, fournissent donc une information statistique périodique sur l'activité économique.

1 La comptabilité nationale : un outil et son histoire

1.1 Objet de la comptabilité nationale

La comptabilité nationale est une technique de synthèse des données statistiques dont le but est de fournir une représentation quantifiée de l'économie d'un pays. Description globale, elle vise à présenter l'ensemble des phénomènes économiques dans un cadre comptable. Support de la mémoire collective en élaborant des séries longues, elle est indispensable pour comprendre le passé de la nation. Nécessaire à une réflexion sur le futur, elle va permettre des prévisions à court terme et à moyen terme :

  • A court terme, elle permet la prévision des budgets économiques : chaque année, la Direction de la Prévision présente des " budgets économiques ", comptes prévisionnels pour l'année en cours et l'année suivante. Destinés au ministère des finances et à la Commission des comptes de la nation, ces budgets économiques sont indispensables à l'élaboration des politiques économiques et plus particulièrement à la politique budgétaire.
  • A moyen terme, elle est un éclairage à la planification : la planification française est une prévision normative, fondée sur la détermination d'objectifs économiques et de moyens nécessaires pour les atteindre. Les plans quinquennaux sont élaborés en France par le Commissariat général au plan à partir de modèles développés par la comptabilité nationale.

1.2 Historique de la comptabilité nationale

Tout d'abord il ne faut pas confondre l'information statistique nationale et la comptabilité nationale : à l'époque romaine et jusqu'à l'ancien régime, les recensements et les statistiques générales servaient d'éclairage aux choix militaires et politiques. Mais on ne pouvait parler à l'époque de comptabilité nationale, concept qui apparaît seulement avec les travaux de F. Quesnay en 1758, dans lesquels il tente de construire une sorte de comptabilisation des valeurs économiques principales. Les recherches des classiques (Smith et Ricardo notamment) vont dans le même sens.

Néanmoins tous ces précurseurs ne sont en aucune manière animés par l'idée de développer un système statistique complet, représentatif de l'économie nationale. C'est à Keynes que l'on doit dans les années 1920-1930 une mesure globale de l'activité par des agrégats et l'interprétations des phénomènes d'ensemble.

Support indispensable des politiques économiques actives d'influence keynésiennes après 1930, outils précieux des politiques économiques de reconstruction et de développement par la planification après 1945, la comptabilité nationale s'impose aujourd'hui à tous, y compris aux tenants du libéralisme.

1.3 Un langage spécifique

L'approche de la comptabilité est une approche macroéconomique, c'est à dire qu'elle ne saisit que des grandeurs agrégées. Les outils qu'elle emploie lui sont propres, bien que certains rappellent ceux de la comptabilité d'entreprise. Les termes à retenir sont les suivants :

  • Le terme emploi recouvre l'utilisation qui est faite d'une ressource disponible
  • L'investissement se nomme formation brute de capital fixe (FBCF). Il s'agit d'un flux brute (on ne compte pas les machines mises au rebut), qui grossit un stock de capital fixe. Pour les ménages, seul l'achat d'un logement est compté comme FBCF, l'épargne financière étant un placement et non un investissement.
  • L' amortissement macroéconomique correspond à l'usure du capital fixe estimé à travers les " déclassements " des entreprises.
  • Un même bien peut avoir un emploi différent selon son utilisateur : ainsi l'achat d'une automobile est une consommation finale pour un ménage et une consommation intermédiaire pour une entreprise

2 Un cadre officiel pour les opérations économiques

Un secteur institutionnel est l'ensemble d'unités institutionnelles qui ont un comportement économique analogue. Pour caractériser ce comportement économique, on utilise :

  • La fonction économique principale
  • Les ressources principales

Depuis 1999, la C.N a connu un nombre sensible de modifications afin d'harmoniser ses paramètres avec les partenaires européens.

Ainsi, le secteur des sociétés et quasi-sociétés s'appelle désormais le secteur des entreprises non financières. Il est divisé en 4 sous-secteurs :

  • Sociétés publiques.
  • Sociétés privés à capitaux essentiellement nationaux.
  • Sociétés privées à capitaux essentiellement européens.
  • Sociétés privées à capitaux venant du reste du monde.

Le secteur des administrations privées s'intitule désormais " secteur des institutions sans but lucratif". Le secteur des assurances disparait et est intégré aux institutions financières. Ces secteurs institutionnels effectuent des opérations qui traduisent :

  • La mise à disposition (ressources) ou l'utilisation (emplois) de biens et services : production, consommation, FBCF, exportations, importations…
  • La répartition des revenus
  • La redistribution des revenus en fonction de nouveaux critères (sociaux, familiaux, de solidarité…) sans liaison directe avec la production.
  • Des opérations financières qui expriment les variations des créances et des dettes des agents économiques

2.2 Les trois types d'opérations économiques

Les opérations sur biens et services :

  • La production est l'activité économique socialement organisée consistant à créer des biens et des services s'échangeant habituellement sur le marché et obtenus à partir de facteurs de production s'échangeant sur le marché. On distingue généralement la production marchande, de la production de services non marchands
  • La consommation intermédiaire (voir fiche 1 pour la définition)
  • La consommation finale (voir fiche 1 pour la définition)
  • La FBCF
  • Les importations de biens et services qui comprennent tous les biens neufs ou existants, qui, à titre onéreux ou gratuit, entrent définitivement sur le territoire national, en provenance du reste du monde, et tous les services fournis par des unités non-résidentes à des unités résidentes. Les importations de biens sont évaluées CAF (coûts, assurance, fret).
  • Les exportations qui comprennent tous les biens neufs ou existants, qui, à titre onéreux ou gratuit, sortent définitivement du territoire national, à destination du reste du monde, et tous les services fournis par des unités résidentes à des unités non-résidentes. Les exportations de biens sont évaluées FAB (franco à bord)
  • La variation de stocks.

Les opérations de répartition :

  • Revenus et production : l'opération de production, qui crée une richesse supplémentaire, est également à l'origine des revenus, qui sont répartis entre les agents impliqués dans la production.
  • Redistribution : ces opérations décrivent comment s'opère une nouvelle répartition indépendamment de la production
  • Les opérations financières : Les opérations financières sont les opérations liées à la création et à la circulation des moyens de paiement. Elles portent sur les créances et les dettes, qui sont matérialisées par les billets, la monnaie métallique, les titres, les effets… Toutes les opérations sur les biens et les services ou toute opération de répartition comporte en général une contrepartie financière qui se traduit par un transfert, de moyen de paiement ou la naissance d'un crédit. Certaines opérations sont quant à elles purement financières : prêt d'argent, dépôts, émissions ou cessions de titres.

2.3 Le cadre des branches d'activité

Une branche est au sens de la comptabilité nationale, un ensemble d'unités de production qui produit un seul type de biens ou de services. La notion de branche doit être distinguée de celle de secteur économique, qui regroupe les entreprises ayant la même activité principale. Par exemple, l'entreprise Renault n'entre pas toute entière dans la branche automobile, parce qu'elle ne produit pas que des automobiles ; en revanche, elle entre dans le secteur automobile parce que l'automobile est sa principale production.

3 La comptabilité nationale explique les relations au sein de l'économie nationale et donne une représentation synthétique des résultats économiques.

3.1 Quelques définitions et ratios à retenir

  • L'excédent brut d'exploitation (EBE) mesure le profit qui correspond au solde du compte d'exploitation. Il mesure ce qui reste au secteur institutionnel après rémunération des salariés et versement des impôts liés à la production (sauf TVA), et est indépendant de la nature des capitaux utilisés.
  • La valeur ajoutée brute (VAB) est égale à la valeur de la production moins la valeur des consommations intermédiaires. La somme des valeurs ajoutées brute correspond au PIB.
  • Le taux d'investissement correspond au rapport entre la FBCF et la VA.
  • Le taux d'autofinancement représente la capacité de financement de l'investissement d'un agent grâce à son épargne pendant une période considérée. Un taux d'autofinancement de 80% signifie qu'en moyenne les entreprises recourent à un financement externe pour 20% de leurs investissements.
  • Le taux d'épargne est donné par le rapport de l'épargne brute au revenu disponible brut.
  • Le taux de marge est donné par le rapport entre l'EBE et la valeur ajoutée.

PIB = sommes des V.A (au prix de base) + impôts sur les produits - subventions sur les produits. On calcule au prix de base et non plus au prix du marché depuis 1999.

3 modes de calculs :

  • Par les produits
  • Par les emplois finals
  • Par les Revenus

3.2 Le tableau entrées-sorties (TES)

Il traduit formellement la structure de l'appareil productif : origine de la valeur ajoutée, relations entre les branches, coefficients techniques exprimant le degré de dépendance des branches entre elles.

Le TES se présente sous la forme de cinq tableaux articulés entre eux : les ressources, les entrées intermédiaires, les emplois finals, le compte de production et le PIB. Il doit toujours y avoir équilibre entre les ressources et les emplois, une nation ne pouvant utiliser que ce dont elle dispose, celles produites (P) ou celles importées (M) : ressources = P + M Tout ce dont la nation dispose fait l'objet d'une utilisation sous la forme de consommation (C), d'investissement (FBCF), d'exportations (X) ou d'augmentation de stocks (S) :
emplois = C + FBCF + X + S

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